Techniques
1
"Il procède par allusions, redites, ellipses. Il laisse
des indices et crée un sentiment de culpabilité. Un oubli signalé
page 20, aggravé par un grommellement page 40, prendra peut-être
sens vers la page 100." François
Nourissier, Modiano : les dimanches soir de la vie, Accident
nocturne, 31 octobre 2003
Tendresse et Pitié*
A la question
d'un journaliste qui lui lance :
-
"Vous
semblez finalement éprouver de la tendresse pour la plupart
des protagonistes…
- Peut-être une certaine tendresse, mais qui se confond
avec la pitié.
Le
temps
"Je n’ai aucune culture philosophique, mais cette
notion d’« Éternel Retour* » m’a
frappé parce qu’elle donne une impression d’intemporalité.
J’ai toujours été obsédé par
le temps – pas par le passé, mais par le temps.
J’ai l’impression qu’il y a parfois comme
des superpositions du passé, du présent et même
du futur, et que cette surimpression des époques aboutit à une
sorte de transparence intemporelle. C’est cette sensation
que j’essaye de traduire dans mes romans." [Rencontre]
Patrick Modiano à l'occasion de la sortie de Dans le
café de la jeunesse perdue, MK2 diffusion, 24/01/2008
Un
temps singulier
"Un temps singulier, sorte d'immobile présent, qui rassemble
et embrasse les différentes époques d'une existence. Qu'il s'agisse
de l'enfance aux souvenirs maigres et flous, de l'adolescence
chahutée, ou des phases successives de l'âge adulte, jusqu'à ce
que la plus grande partie de la vie se trouve derrière soi, tout
cela, qui revient de livre en livre, se trouve brassé et posé
sur un plan unique, qui donne à l'univers littéraire de Patrick
Modiano cette apparence d'éternel étale." Jean-Claude
Lebrun, Un temps singulier, L'Humanité, 16-10-03
Temps différents
«Mes romans sont comme un mille-feuille, avec des temps
différents qui se chevauchent. De même que mes personnages
sont des amalgames.» Entretien avec Delphine
Peras, l’ EXPRESS
du 5 octobre 2007
Te
quiero* de Manuel Poirier (1997).
Libre adaptationdu roman Dimanches d'août*.
"Jean et Sylvia ont quitté la France pour refaire leur vie en Amérique
du Sud. Ils débarquent à Lima, au Pérou, le pays natal de
Jean, pour y vivre leur passion. Ils ont en leur possession un diamant que Sylvia
a volé à son mari et qu'ils espèrent revendre à un
prix intéressant. Dans un bar de Lima, ils font la rencontre d'un couple
de Français à qui ils proposent d'acheter leur unique bien. Les
relations vont alors devenir étranges et ambiguës laissant peu à peu
place à des jeux de pouvoir et de séduction."
<< C’est
un beau film. Il a pris son autonomie par rapport au livre. Pour
des raisons qui lui tenaient à cœur, Manuel Poirier
a voulu que tout se passe à Lima. Il a su créer,
par des images et des sensations très fortes, une osmose
entre les personnages et la ville. Je peux dire que le Lima de
Manuel Poirier me rend brusquement concret, sensible et tactile
ce qui n’était jusqu’à présent
pour moi qu’un paysage intérieur.>> Texte
publié sur le site Diaphana.
Théâtre
/ Cinéma / Roman
"Une actrice me
touche quand il n’y a rien de théâtral chez elle. (...) Le théâtre
est quelque chose d’étranger au roman alors que le cinéma est
très proche... Le théâtre est magnifique quand on le lit mais
quand on le voit, les voix sont toujours portées alors qu’au cinéma
on peut chuchoter, comme dans un roman. Le cinéma est comme un
frère du roman." (entretien avec Catherine Deneuve, Les
Inrockuptibles Festival de Cannes 1997)
Dit par un écrivain qui entoure ses romans de très nombreux dialogues
; les personnages ne s'y expriment pas, leurs paroles sont comme
des parures langagières lentement déroulées, torves, molles et
fermes à la fois, jamais parlées, mais susurrées, en fuites, en
confidences... Des paroles tournées vers elles-mêmes...
Topographique
(une oeuvre)
<< L’oeuvre romanesque de Patrick Modiano a quelque
chose de résolument topographique. Précision
des noms et des lieux, adresses, numéros de téléphones,
tout indique dans ses livres l’obsession d’un parcours,
d’une quête. Les héros, modestes et souvent
indécis, de Modiano
sont toujours sur la trace de quelqu’un, sur la piste
d’un souvenir, à
la recherche d’une preuve ou d’une confirmation
de leur histoire. Ils arpentent le Paris des années
60, 70 ou parfois 80 et le tracé de leurs errances révèle
les contours d’une autre carte, plus enfouie encore :
la carte d’une identité incertaine, voire perdue,
les vestiges d’une
période trouble autour de laquelle toute l’oeuvre
s’articule, la Seconde guerre mondiale, l’Occupation.
Epoque que Modiano n’a pas vécue mais qui prend
chez lui une telle force d’évocation qu’il
a pu écrire de
lui- même que "sa mémoire précédait
sa naissance. >> Antoine de Gaudemar et
Paule Zajdermann.
Toujours
Claude Lanzmann posait à propos de l'image finale de Shoah
: " Quand l'Holocauste finit-il vraiment ? A-t-il pris fin
le dernier jour de la guerre ? A-t-il pris fin avec la création
de l'État d'Israël ? Non. Il continue. Ces événements sont d'une
telle ampleur qu'ils n'ont jamais fini de développer leurs conséquences.
Lorsque j'en étais au point où il fallait vraiment conclure, je
décidai que je n'en avais pas le droit.... Alors je décidai que
la dernière image du film serait un train en marche, un train
en marche... pour toujours. " Cité
par Nicolas Weil, Le Monde du 28 janvier 1994
Traces
(Jean-Luc Godard interviewé par Jean-Michel Frodon à propos
du film Eloge de l'amour,
Le Monde du 17 mai 2001.
<<
Votre cinéma est tout entier une recherche sur le sens des traces.
Tout
le monde voit ces traces, mais la plupart des gens ne cherchent
pas. Moi si. Il faut savoir dans quelle direction aller. Ma manière
d'avancer, d'assembler ce
que je rencontre, est inspirée par le travail des historiens.
(…) Je suis parti de l'idée de trouver des traces écrites qui
appartiendraient à un puzzle, mais lequel ? Si on se trompe
de puzzle… On reste aiguillé, grâce à l'Histoire, qui permet de
ne pas se perdre dans des historiettes, de planter des repères,
comme les piquets d'un slalom. Dans la jungle des signes, il faut
inscrire un jardin à la française qui est l'Histoire grâce à laquelle
on ne s'égare pas – comme dans mes précédents films, trop diffus,
où on entend dix voix qui parlent en même temps. On en peut pas
raconter une histoire sans faire de l'Histoire (…). Une image des Champs-Élysées peut se retrouver dans beaucoup
de films, les signes jouent différemment. Moi, je cherchais un
certain sentiment de Paris aujourd'hui mais qui a existé hier.
(…) Lorsque je vois quelqu'un qui passe dans la rue, que je regarde
son visage, sa démarche, ses vêtements, je ne peux pas m'empêcher
de le percevoir comme une étoile filante, traînant derrière
lui son passé. Lorsque
je regarde un animal, je me dis : où va-t-il ? Lorsque je regarde
un être humain, la question qui me vient est : d'où vient-il ?
>>
Traces 2
" Combien d'hommes et de femmes que l'on imagine morts
ou disparus habitent ces blocs d'immeubles qui marquent la lisière
de Paris... J'en avais déjà repéré deux ou trois, Porte Dorée,
avec sur le visage un reflet de leur passé. Ils pourraient vous
en dire long mais ils garderont le silence jusqu'au bout et cela
les indiffère complètement que le monde les ait oubliés. "
Voyage
de noce.
Traces
des choses
Il
est très rare de pouvoir raconter les choses sur le moment parce
qu'il faut toujours avoir un certain recul. Sentir le temps qui
s'est écoulé. Ce qui me motive, pour écrire, c'est retrouver des
traces. Ne pas raconter les choses de manière directe, mais que
ces choses soient un peu énigmatiques. Retrouver les traces des
choses, plutôt que les choses elles-mêmes. C'est beaucoup plus
suggestif que lorsqu'on aborde les choses de face. Comme une statue
mutilée... on a tendance à la reconstituer. La suggestion est
plus grande. Entretien
avec Laurence Liban, Lire, octobre 2003 à l'occasion de la publication
de Accident nocturne, roman, 2003
Travaux universitaires
- sources
au 1 mai 2004
1.Patrick Modiano [Texte imprimé]
Morris, Alan (1955-....) / Rodopi / 2000
2. Patrick Modiano
Morris, Alan (1955-....) / Berg / 1996
3. Patrick Modiano
Morris, Alan (1955-....) / Berg / 1996
4. Patrick Modiano
Rodopi / 1993
5. Etude sur Patrick Modiano [Texte imprimé] : "La ronde de nuit" [Texte
imprimé]
Cima, Denise / Ellipses / 2002
6. Interrogatoire par Patrick Modiano suivi de Il fait beau, allons au cimetière
Berl, Emmanuel (1892-1976) / Gallimard / c1976
7. Etude sur Patrick Modiano [Texte imprimé] : Dora Bruder : jeux de miroir
biographiques
Cima, Denise / Ellipses / 2002
8. L'oeuvre de Patrick Modiano : une autofiction
Laurent, Thierry (1959-....) / Presses universitaires de Lyon / 1997
9. PROBLEMATIQUE DE L'IDENTITE CHEZ PATRICK MODIANO
FENG, SHOUNONG / [s.n.] / 1996
10. LES IMAGES PATERNELLES DANS L'OEUVRE DE PATRICK MODIANO
Cima, Denise / [s.n.] / 1998
- 11.
Patrick Modiano : études réunies
Rodopi / 1993
12. La ronde de nuit (1969) [texte imprimé] : Patrick
Modiano
Doucey, Bruno / Hatier / 1992
13. Mémoire et quête dans quelques romans de Patrick Modiano
Chen, Xiao-He / [s.n.] / 1992
14. L'autofiction dans les romans de Patrick Modiano [texte imprimé]
Laurent, Thierry (1959-....) / [s.n.] / 1995
15. Portraits de l'artiste dans l'oeuvre de Patrick Modiano [Texte imprimé]
Demeyère, Annie (1953-....) / [s.n.] / 2000
16. FIGURES DE L'OCCUPATION DANS LES ROMANS DE PATRICK MODIANO
Roux, Baptiste (1969-....) / [s.n.] / 1998
17. FIGURES DE L'OCCUPATION DANS LES ROMANS DE PATRICK MODIANO
Roux, Baptiste (1969-....) / [s.n.] / 1998
18. Fantasmes et angoisses dans les trois premiers romans de Patrick Modiano
[Texte imprimé]
Salama, Manal (1969-....) / [s.n.] / 1999
19. Le traitement symbolique et poétique de Paris dans l'oeuvre romanesque
de Patrick Modiano [Texte imprimé]
Khalifa, Samuel (1967-....) / [s.n.] / 2002
20. Mémoire en dérive [Texte imprimé] : poétique
et politique de l'ambigüité chez Patrick Modiano : de "Villa
triste" à "Chien de printemps"
Guyot-Bender, Martine (1955-....) / Caen : Lettres modernes Minard / 1999
21. A self-conscious art [Texte imprimé] : Patrick Modiano's postmodern
fictions
Kawakami, Akane / Liverpool University Press / 2000
22. LA METAPHYSIQUE DANS LES ROMANS DE PATRICK MODIANO
Srour, Pierre (1955-....) / [s.n.] / 1994
23. LA QUETE DE L'IDENTITE CHEZ PATRICK MODIANO
TARDY, OLIVIER / [s.n.] / 1984
24. Patrick Modiano, pièces d'identité [Texte imprimé] : écrire
l'entretemps
Hueston, Pénélope Anne / Lettres modernes / 1986
25. Ecritures du non-lieu - topographies d'une impossible quête identitaire
[Texte imprimé] : Georges Perec, Romain Gary, Patrick Modiano
Obergöker, Timo (1973-....) / [s.n.] / 2003
26. Une sale histoire [Texte imprimé] : die unbewältigte Occupation
bei Patrick Modiano
Schutz, Sabine (1967-....) / P. Lang / 1998
27. Ontologie fantôme [Texte imprimé] : essai sur l'oeuvre de Patrick
Modiano
Parrochia, Daniel (1951-....) / Encre marine / 1996
28. Portraits de l'artiste dans l'oeuvre de Patrick Modiano [Texte imprimé]
Demeyère, Annie (1953-....) / L'Harmattan / 2002
29. Figures de l'Occupation dans les romans de Patrick Modiano [microforme]
Roux, Baptiste (1969-....) / Atelier national de Reproduction des Thèses
/ 1999
30. Figures de l'Occupation dans l'oeuvre de Patrick Modiano [Texte imprimé]
Roux, Baptiste (1969-....) / l'Harmattan / 1999
31. La ronde de nuit (1969), Patrick Modiano : résumé, personnages,
thèmes
Doucey, Bruno / Hatier / 1992
32. La ronde de nuit (1969), Patrick Modiano : résumé, personnages,
thèmes
Doucey, Bruno / [Nouv. tirage] / Hatier / 1994
33. Romans, écriture, identité [Microforme] : Paul Auster, Assia
Djebar, Patrick Modiano, Toni Morrison
Magaud, Céline (1972-....) / Atelier national de Reproduction des Thèses
/ 2001
34. Romans, écriture, identité : Paul Auster, Assia Djebar, Patrick
Modiano, Toni Morrison
Magaud, Céline (1972-....) / [s.n.] / 2001
35. L'Ecriture de Patrick Modiano ou La Frustration de l'attente romanesque [Ressource électronique]
Andrééva-Tintignac, Elena (1971) / [s.n.] / 2003
36. L'Ecriture de Patrick Modiano ou La Frustration de l'attente romanesque [Texte
imprimé]
Andrééva-Tintignac, Elena (1971) / Faculté des Lettres et
Sciences humaines / 2003
37. Interrogatoire : par Patrick Modiano ; (suivi de) Il fait beau, allons au
cimetière
Berl, Emmanuel (1892-1976) / Gallimard / 1976
38. Poésie et mythe dans l'oeuvre de Patrick Modiano : le fardeau du nomade
Gellings, Paul / Lettres Modernes Minard / 2000
39. Rewriting the past : memory, history and narration in the novels of Patrick
Modiano
VanderWolk, William (1949-....) / Rodopi / 1997
40. D'un passé l'autre : aux portes de l'histoire avec Patrick Modiano
Avni, Ora / Éd. l'Harmattan / 1997
41. Le traitement symbolique et poétique de Paris dans l'œuvre romanesque
de Patrick Modiano [Microforme]
Khalifa, Samuel (1967-....) / Atelier national de Reproduction des Thèses
/ 2003
42. Paradigms of memory : the Occupation and other Hi/stories in the novels of
Patrick Modiano
Peter Lang / c1998
43. Mémoire, quête de soi et structures narratives dans les¨ Boulevards
de ceinturë de Patrick Modiano
Ribelles-Hellin, Norma / U.E.R. des Lettres et Sciences Humaines / 1991
44. Littérature immédiate : cinq études sur Jeanne Bourin,
Julien Green, Patrick Modiano, Yves Navarre, Françoise Sagan
Joye, Jean-Claude / P. Lang / 1990
45. La quête de l'identité dans "Les boulevards de ceinture", "Villa
triste" et "Rue des boutiques obscures" de Patrick Modiano
Boilevin, Denis / 1986
46. Paris, page à page
Hatier : Didier / 1992
Trente
ans
Le
sujet de Accident nocturne (publié en 2003) dormait dans
sa tête depuis 30 ans : un homme se fait renverser au début
du roman. PM savait ce début mais il a été incapable de commencer
avant l'année 2002. Mais quel est l'événement déclencheur
qui permet au roman d'advenir ?
Trois
nouvelles contemporaines : Patrick Modiano, Marie NDiaye
et Alain Spiess.
Résumé
Trois nouvelles, trois univers singuliers. Un jeune homme
rêveur
s'occupe le temps d'un hiver d'une fillette blonde aux yeux gris,
la petite Bijou, dont la mère, artiste bohème,
n'a que faire. Une étudiante mal dans sa vie se pique
de rencontrer le président Chirac au Havre. Problème
: elle ne se souvient plus du prénom du grand homme, tant
elle s'est placée hors du monde ! Un homme, abandonné à sa
solitude, s'adonne aux puzzles en tentant de reconstituer l'histoire
de son existence. Le puzzle, d'ailleurs, comme point commun des
nouvelles, c'est bien cela.L'accompagnement critique s'attache à la
nouvelle comme genre, aux choix narratifs qu'elle permet et aux
thèmes
qu'elle explore. Il met en perspective ces textes courts avec
les œuvres romanesques des trois écrivains choisis.
La petite Bijou fait une première apparition dans La Seine
de Patrick Modiano avant de donner son titre à un roman
publié en 2001 ; l'étrangeté comme indice
stylistique de Marie NDiaye est déjà présente
dans Le Jour du président ; la réclusion subie
par le héros de Pourquoi ? connaît de multiples échos
dans l'œuvre d'Alain Spiess. (Gallimard, 2006)
TUNIS,
ALEXANDRIE*, LA MÉDITERRANÉE* DE PATRICK
MODIANO (NICE*)
par Annie Demeyere
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