Littérature
Philosophie
Psychanalyse
Sciences humaines
Arts
Histoire
Langue
Presse et revues
Éditions
Autres domaines
Banques de données
Blogs
Éthique, Valeurs
Informatique, Média
Inclassables
Pays, Civilisations
Politique, Associatif
Sciences & techniques
Mélanges
Textes en ligne
Compagnie de la Lettre

Au Temps, Dictionnaire
Patrick Modiano


Quitter le Temps Blog

Quitter le Temps 2

Décoller du Temps

re présentations

Ressources universitaires

Plan du site
Presentation in english
Abonnement à la Lettre

Rechercher

© LittératureS & CompagnieS
1999-2017

 

Auteurs      V

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

 

Paul VALERY  
 
" Paul Valéry est proprement inclassable. C’est trop ! Toute une vie, toute une œuvre travaillées par le rien, qui se disposent en énigmes, en fragments, en proses et en divers amours que nous ne connaissons que peu encore, en vers, en pensées, en théâtre, en mythe ! Parfois, dans des échanges de lettres avec Louÿs ou Gide, un ton si bon enfant, débridé, " à la limite de la vulgarité, et l’accent noble des Cahiers, la haine de la littérature à quoi succède la passion pour " rien de plus bête que le cœur ", écrit-il, puis des choses sur l’amour admirable (Cf le quatrième acte de Lust), des réflexions sur l’amour physique : " combien j’ai été peiné d’entendre, il y a quelque temps, quelqu’un me dire n’attacher aucune importance au fait de jouir ensemble ", le " tout reprendre sur des bases analytiques ", des notations lapidaires, à la limite du bon mot : " Lire est une opération militaire ", cette évocation : " A un certain âge tendre, j’ai peut-être entendu une voix, un contralto profondément émouvant... " " Une voix qui touche aux larmes, aux entrailles ", et, deux lignes plus bas, " qui va presser, sans obstacles, les mamelles sacrées/ignobles/de l’émotion/bête ", les barres de séparation étant le signe d’une hésitation dans le manuscrit de l’auteur ! Qui croire ? Qui lire ? Qui évoquer ? Qui ?"    "Paul Valéry est peut-être proprement insituable. On a pu aussi bien dire qu’il fut celui qui refusa le statut de l’écrivain, qu’il fut l’homme qui pense au plus juste . Tout commentaire valéryen est un commentaire de désespoir, car ce qui s’y affirme peut tout aussi bien être infirmé par l’usage d’autres citations : l’œuvre de Valéry renvoie son lecteur à la plus cruelle des solitudes : à lui-même ! Ce MOI dont Valéry nous a chargés, comme un des faix les plus pesants de ce XXe siècle. Dont il dit : " Il faut avouer que le moi — n’est qu’un Écho ". Il s’agit d’une souffrance, souffrance qu’il nous livre en partage, il ne faut pas négliger ce que j’appellerai " la folie Valéry ", une interrogation portée sur l’entre d’Echo et de Narcisse : selon le mythe, raconté par Pindare, Narcisse se noie parce qu’il n’a pas entendu Écho qui était condamnée à répéter la fin des mots de Narcisse qui l’appelait. Entre Écho et Narcisse qu’écrire, dans cette différence du moi au moi qui est l’autre, mais qui ressemble tant à la folie du sujet ?"  (Mathieu Bénézet)    Chronologie biographique.     
Textes de Pierre Dumayet, Robert Bober,
Gérard Milhaud : Centenaire de Paul Valéry (Europe juillet 71) , Mathieu Bénézet : Le Magazine Littéraire 188 (octobre 1982) , Pierre-Olivier Walzer : Introduction à l’érotique valéryenne. Conférence 1964 in Valéry (Garnier, 1971). Bibliographie.  Un siècle d'écrivains, FR3 à partir de www.archive.org  

 

Paul VALERY   Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03)

 

Mario VARGAS LlOSA   /Espagnol/  
La biographie, longue et détaillée, est illustrée de nombreuses photos. La bibliographie contient pour chaque titre, résumé et reproduction de couverture. Une section est dédiée aux nombreuses récompenses et distinctions reçues par le romancier. Un grand choix d’articles et d’entretiens est accessible en ligne, de même que des chroniques données par Mario Vargas Llosa à la presse internationale. Particulièrement intéressante, une rubrique recense les diverses polémiques auxquelles s’est prêté Mario Vargas Llosa au fil de sa carrière.   

 

André VELTER  
Un site personnel d'un écrivain impliqué dans  la poésie française contemporaine.  

Paul VERLAINE  Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03) Chronologie.

 

Jules VERNE

Jules VERNE
Ouvrages de Jules Verne édités par les Éditions Hetzel, célèbres par leurs cartonnages.

Jules VERNE /anglais/  
Un site très complet sur Jules Verne : chronologie, bibliographie, librairie virtuelle, collection de timbres à l'effigie du romancier, multitudes de liens, forum... 

Jules VERNE Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03)

Jules Verne, Analyses littéraires
L'espace et le temps dans l'œuvre de Jules Verne et plus particulièrement, l'analyse des principaux romans. (19-10-03)

Centre international Jules VERNE
Un site attrayant qui associe graphisme sophistiqué et riche iconographie.De nombreuses rubriques donnent accès à une abondante documentation biographique et bibliographique, ainsi qu’à des activités pédagogiques originales. Certaines de ces rubriques sont plus particulièrement consacrées au tourisme vernien ou encore aux objets inventés et collectionnés par le grand romancier. L'actualité Jules Verne, comme la Revue qui lui est consacrée montrent la diffusion internationale de cette oeuvre. (29-12-04)

___________

Alexandre VIALATTE   
Un siècle d'écrivains, FR3 à partir de www.archive.org 

 

Boris VIAN

Boris VIAN    
Un siècle d'écrivains, FR3 à partir de www.archive.org 

Boris VIAN, dans la collection "Figures de style"
Un site élégant qui réunit des informations essentielles. (28-12-06)

_____________

 

Alfred de Vigny
L'Association des Amis d'Alfred de Vigny
Avec des éléments biographiques et iconographiques, on trouve également des références bibliographiques utiles et notamment celles de tous les articles parus dans le bulletin de l'association.
(23-07-06)

VIRGILE  Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03)

François VILLON    Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03)

François VILLON
Ce site est réalisé par un universitaire américain (Robert D. Peckham de l’ University of Tennessee-Martin). C’est une liste de 500 liens qui regroupe les textes de Villon dans des éditions en moyen-français, ou français moderne ainsi que de nombreuses raductions de ses poèmes ( llemand, anglais, catalan, roumain, japonais…). Outre ce corpus, le site héberge le bulletin de la Société François Villon, il donne accès à des critiques sur l’œuvre du poète et offre un très riche éclairage sur le contexte historique et culturel dans lequel s’inscrit son œuvre. (18-07-04)

Michel VOLKOVITCH
Professeur d'anglais, traducteur de grec (prose, poésie, théâtre) et écrivain propose sur son site des "pages d'écriture" qui sont à la fois autobiographiques avec la rubrique Journal infirme, chronique littéraire avec Coup de langue et musicale, poésie traduites du grec, citations, brèves... Avec beaucoup de talent et une grande culture l'auteur s'engage dans une "interlocution" avec le lecteur qui est intime et distanciée. (23-01-05)

Antoine VOLODINE
Dossier publié sur le site remue.net.
(28-12-07)

VOLTAIRE

VOLTAIRE Fondation   /Anglais /
LE site sur Voltaire. Inévitable pour comprendre l'importance de cette oeuvre dans l'histoire de la pensée.

VOLTAIRE    Dossier de l'Encyclopédie de l'Agora. (27-08-03)

 

_________

 

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Liens brisés

 © LittératureS & CompagnieS
R25/05/13

La Lecture

"Et, sans doute, c'est cela la lecture : réécrire le texte de l'oeuvre à même le texte de notre vie." Roland Barthes, "La chronique", Nouvelle Observateur, 1979

 

 

ÉCRIRE
Écrire, c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte,  à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure. Roland Barthes, Sur Racine, Seuil ed, 1963, p11

 

Il y a une division des langages, qu'aucune science simple de la communication ne peut prendre en charge; la société, avec ses structures socio-économiques et névrotiques intervient, qui construit le langage comme un espace de guerre.
Roland Barthes, Bruissement de la Langue, p127

 

SEUL

(...) l'écrivain est seul, abandonné des anciennes classes et des nouvelles. Sa chute est d'autant plus grave qu'il vit aujourd'hui dans une société où la solitude elle-même, en soi, est considérée comme une faute. Nous acceptons ( c'est là notre coup de maître) les particularismes, mais non les singularités ; les types, mais non les individus. Nous créons (ruse géniale) des chœurs de particuliers, dotés d'une voix revendicatrice, criarde et inoffensive. Mais l'isolé absolu ? Celui qui n'est ni breton, ni corse, ni femme, ni homosexuel, ni fou, ni arabe, etc. ? La littérature est sa voix, qui, par un renversement "paradisiaque", reprend superbement toutes les voix du monde, et les mêle dans une sorte de chant qui ne peut être entendu que si l'on se porte, pour l'écouter (comme dans ces dispositifs acoustiques d'une grande perversité), très haut au loin, en avant, par-delà les écoles, avant-gardes, les journaux et les conversations.
Roland Barthes, Sollers écrivain, p 8, Seuil ed, 1979

 

L'AUTRE LANGUE
L'autre langue  est celle que l'on parle d'un lieu politiquement et idéologiquement inhabitable : lieu de l'interstice, du bord, de l'écharpe, du boitement : lieu cavalier  puisqu'il traverse, chevauche, panoramise et offense.

Roland Barthes, Bruissement de la Langue, p200, in"L'Etrangère",1970

LA  BATHMOLOGIE
La bathmologie ce serait le champ des discours soumis à un jeu de degrés. Certains langages sont comme le champagne : ils développent une signification postérieure à leur première écoute, et c'est dans ce recul du sens que naît la littérature.
Roland Barthes, Bruissement de la Langue, p 285, "Lecture de Brillat-savarin"

 

LE PLURIEL DU TEXTE
Le Texte est pluriel. Cela ne veut pas dire seulement qu'il a plusieurs sens, mais qu'il accomplit le pluriel même du sens : un pluriel irréductible (et non pas seulement acceptable). Le Texte n'est pas coexistence de sens, mais passage, traversée ; il ne peut donc relever d'une interprétation, même libérale, mais d'une explosion, d'une dissémination. Le pluriel du Texte tient, en effet, non à l'ambiguïté de ses contenus, mais  à ce que l'on pourrait appeler la  pluralité stéréographique  des signifiants qui le tissent (étymologiquement le texte est un tissu) : le lecteur du Texte pourrait être comparé à un sujet désœuvré (qui aurait détendu en lui tout imaginaire) : ce sujet passablement vide se promène (c'est ce qui est arrivé à l'auteur de ces lignes, et c'est là qu'il a pris une idée vive du Texte) au flanc d'une vallée au bas de laquelle coule un oued (l'oued est mis là pour attester un certain dépaysement) ; ce qu'il perçoit  est multiple, irréductible, provenant de substances et de plans hétérogènes, décrochés : lumières, couleurs, végétations, chaleur, air ; explosions ténues de bruits, minces cris d'oiseaux, voix d'enfants, de l'autre côté de la vallée, passages, gestes, vêtements d'habitants tout prés ou très loin ; tous ces incidents sont à demi identifiables : ils proviennent de codes  connus, mais leur combinatoire est unique, fonde la promenade en différence qui ne pourra se répéter que comme différence. C'est ce qui se passe pour le Texte : il ne peut être lui que dans sa différence (ce qui ne veut pas dire son, individualité); sa lecture semelfactive (ce qui rend illusoire toute science inductive-déductive des textes : pas de "grammaire" du texte), et cependant entièrement tissés de citations, de références, d'échos: langages culturels (quel langage ne le serait pas ?), antécédents ou contemporains, qui le traversent de part en part  dans une vaste stéréophonie.
Roland Barthes, Bruissement de la Langue, p73, in "De l'œuvre au texte", 1971

 

TEXTE DE PLAISIR
Texte de plaisir : celui qui contente, emplit, donne de l'euphorie ; celui qui vient de la culture, ne rompt pas avec elle, est lié à une pratique confortable de la lecture.
Roland Barthes, Plaisir du Texte, 1973, p25, éd de 1982

 

TEXTE DE JOUISSANCE
Texte de jouissance : celui qui met en état de perte, celui qui déconforte (peut-être jusqu'à un certain ennui), fait vaciller les assises historiques, culturelles, psychologiques, du lecteur, la consistance de ses goûts, de ses valeurs, et de ses souvenirs, met en crise son rapport au langage. Or c'est un sujet anachronique, celui qui tient les deux textes dans son champ et dans sa main les rênes du plaisir et de la jouissance, car il participe en même temps et contradictoirement à l'hédonisme profond de toute culture (qui entre en lui paisiblement sous le couvert d'un art de vivre dont font partie les livres anciens) et à la destruction de cette culture : il jouit de la consistance de son  moi  (c'est son plaisir) et recherche sa perte (c'est sa jouissance) . C'est un sujet deux fois clivé, deux fois pervers.

Roland Barthes, Plaisir du Texte, (1973), p25-26, éd de 1982

 

THEATRALITE
“ Qu'est-ce que la théâtralité ? c'est le théâtre moins le texte, c'est une épaisseur de signes, de sensations qui s'édifie sur la scène à partir de l'argument écrit, c'est cette sorte de perception œcuménique des artifices sensuels, gestes, tons, distances, substances, lumières, qui submergent le texte sous la plénitude de son langage extérieur.”

Roland Barthes, "Le théâtre de Baudelaire", 1954, in Essais Critiques, p 41

 

"LE LIVRE DES RUSES" Comme j'aimerai trouver un livre (faute de le faire moi-même) où me seraient rappelés (sous forme d'une grande traversée historique)  les rapports de l'écrivain, le pouvoir et de l'argent ! Peut- être l'écrivain est-il toujours dépendant (d'un autorité, d'une économie, d'une morale, d'un sur-moi collectif, etc...). Peut-être  n'écrit-il , quel que soit le libéralisme de sa société, qu'en trichant avec la force ? Peut-être est-elle politique perverse ? Le  "Livre  des ruses", tel s'appellerait le nouveau manuel de littérature, si ce titre n'était déjà pris.
Roland Barthes, Chroniques du Nouvel Observateur du 5/II/79

 

© LittératureS & CompagnieS