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1999-2017

 

Raymond QUENEAU

Poésies

 

Concorde

Le receveur était un nègre
Je lui demande: "Combien de tickets"
pour la Concorde
Il me répond
mais je ne comprends pas
Je lui demande de nouveau: "Combien
de tickets pour la Concorde"
Il me répond
mais je ne comprends toujours pas
Je lui demande encore une fois
" Combien de tickets pour la Concorde"
Alors il prend un air furieux le receveur noir
il roule des yeux blancs et il crie:
" Trois!
-Oh! je lui dis, vous n'allez pas me manger pour ça"

Non, je ne l'ai pas dit
car c'est défendu de plaisanter
avec les employés de la R.A.T.P.


Raymond Queneau (Courir les rues (1967)

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Rue Paul Verlaine

 

Je fais parfois le rêve étrange et pénétrant
d'une rue en étain blanchâtre et maternelle
l'un et l'autre trottoir palpite comme une aile
tandis que sa chaussée a tout son poids d'étant

Les ruisseaux de plomb pur s'écoulent dans l'étang
qu'engloutit une bouche à béance immortelle
à chaque extrémité s'inscrit une marelle
que ne traverse point le vulgaire impétrant

Sous un ciel de titane un seul toit promeneur
lentement se déplace au-dessus des bâtisses
où grouille un animal qui ressemble à ma soeur

Calme en son sicamor incertaine et factice
cette voie a le charme amarante et boudeur
de pouvoir se plier sans perdre son odeur


Raymond Queneau (Courir les rues (1967)

 

 

Liens brisés

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