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1999-2017

 

Roland BARTHES

mélange

 

Le procès  fait aux intellectuels
" Le procès que l'on fait périodiquement aux intellectuels est un procès de magie : l'intellectuel est traité comme un sorcier pourrait l'être par une peuplade de marchands, d'hommes d'affaires et de légistes ; il est celui qui dérange des intérêts idéologiques... Un tel procès peut exciter périodiquement la galerie comme tout procès de sorcier ; son risque politique ne doit cependant pas être méconnu : c'est tout simplement le fascisme, qui se donne toujours et partout pour premier objectif de liquider la classe intellectuelle. " 
Le Monde, 1974

 

 

L'abbé Pierre 
" Le mythe de l'abbé Pierre dispose d'un atout précieux : la tête de l'abbé. C'est une belle tête, qui présente tous les signes de l'apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité. " 
Mythologies 1957

 

 

 L'histoire
" L'Histoire s'évapore ; c'est une sorte de domestique idéale : elle apprête, apporte, dispose ; le maître arrive, elle disparaît silencieusement ; il n'y a plus qu'à jouir sans se demander d'où vient ce bel objet. Ou mieux : il ne peut venir que de l'éternité ; de tout temps, il était fait pour l'homme bourgeois ; de tout temps, l'Espagne du Guide bleu était faite pour le touriste ; de tout temps les " primitifs " ont préparé leurs danses en vue d'une réjouissance exotique. "

 


La censure
" La vraie censure, la censure profonde, ne consiste pas à interdire (à couper, à retrancher, à affamer), mais à nourrir indûment, à maintenir, à retenir, à étouffer, à engluer. " 
Sade, Fourier, Loyola (1971)

 

 

Sade
Sade : " La subversion la plus profonde (la contre-censure) ne consiste pas forcément à dire ce qui choque l'opinion, la morale, la loi, la police, mais à inventer un discours paradoxal. L'invention (et non la provocation) est un acte révolutionnaire : celui-ci ne peut s'accomplir que dans la fondation d'une nouvelle langue. La grandeur de Sade n'est pas d'avoir célébré le crime, la perversion, ni d'avoir employé pour cette célébration un langage radical ; c'est d'avoir inventé un discours immense, fondé sur ses propres répétitions (et non sur celles des autres), monnayé en détails, surprises, voyages, mesures, portraits, configurations, noms propres, etc., bref, la contre-censure, ce fut, à partir de l'interdit, de faire du romanesque. " 
Sade, Fourier, Loyola (1971)

 


J'aime / J'aime pas
«J'aime la cannelle, le pain grillé, les pivoines, la pâte d'amande, Haendel, les promenades mesurées, les romans réalistes, le piano, Brecht, les Marx Brothers, les positions légères en politique. Je n'aime pas : les femmes en pantalon, les géraniums, Miro, les dessins animés, Satie, la spontanéité, les soirées avec des gens que je ne connais pas.» 
RB par RB 1975

 

 

Au pas
«De ma fenêtre (1er décembre 1976), je vois une mère tenant son gosse par la main et poussant la poussette vide devant elle. Elle allait imperturbablement à son pas, le gosse était tiré, cahoté, contraint à courir tout le temps, comme un animal ou une victime sadienne qu'on fouette. Elle va à son rythme, sans savoir que le rythme du gosse est autre. Et pourtant c'est sa mère !» (...)
«Le pouvoir ­ la subtilité du pouvoir ­ passe par la dysrythmie, l'hétérorythmie».
Comment vivre ensemble. Cours et séminaires
au Collège de France (1976-1977)  

 

 

Bourgeoisie et représentation
La France tout entière baigne dans cette idéologie anonyme: notre presse, notre cinéma, notre théâtre, notre littérature de grand usage, nos cérémoniaux, notre Justice, notre diplomatie, nos conversations, le temps qu'il fait, le crime que l'on juge, le mariage auquel on s'émeut, la cuisine que l'on rêve, le vêtement que l'on porte, tout, dans notre vie quotidienne, est tributaire de la représentation que la bourgeoisie se fait et nous fait des rapports de l'homme et du monde. 
Roland Barthes, Mythologies (Paris: Seuil, 1970)

 

 

Le goût de la langue
L'un des aspects de la crise de la culture, en France, c'est précisément que les Français, dans leur masse, me semble-t-il, ne s'intéressent pas à leur langue. Le goût de la langue française a été entièrement hypothéqué par la scolarité bourgeoise; s'intéresser à la langue française, à sa musicalité (...) est devenu par la force des choses une attitude esthétisante, mandarinale. Et pourtant, il y a eu des moments où un certain contact était maintenu entre le `peuple' et la langue, à travers la poésie populaire, la chanson populaire ou la pression même de la masse pour transformer la langue en dehors des écoles-musées. On dirait que le contact a disparu; on ne le perçoit pas aujourd'hui dans la culture `populaire', qui n'est guère qu'une culture fabriquée (par la radio, la télévision etc.). 
Le Grain de la voix: Entretiens 1962-1980 (Paris: Seuil, 1981)



L
e langage des intellectuels
L'opinion courante n'aime pas le langage des intellectuels. Aussi a-t-il été souvent fiché sous l'accusation de jargon intellectualiste. Il se sentait alors l'objet d'une sorte de racisme: on excluait son langage, c'est-à-dire son corps: «tu ne parles pas comme moi, donc je t'exclus.» 
Roland Barthes par Roland Barthes
(1975) 

 

 

La vie des signes
On peut donc concevoir une science qui étudie la vie des signes au sein de la vie sociale; elle formerait une partie de la psychologie sociale, et par conséquent de la psychologie générale; nous la nommerons sémiologie (du Grec sémeîon, `signe'). Elle nous apprendrait en quoi consistent les signes, quelles lois les régissent. Puisqu'elle n'existe pas encore, on ne peut dire ce qu'elle sera; mais elle a droit à l'existence, sa place est déterminée d'avance. La linguistique n'est qu'une partie de cette science générale, les lois que découvrira la sémiologie seront applicables à la linguistique, et celle-ci se trouvera ainsi rattachée à un domaine bien défini dans l'ensemble des faits humains. (Saussure: 1949 p.33)

 

 

Qu'est-ce que ça veut dire ?
Passion constante (et illusoire) d'apposer sur tout fait, même le plus menu, non pas la question de l'enfant: pourquoi? mais la question de l'ancien Grec, la question du sens, comme si toutes choses frissonnaient de sens: qu'est-ce que ça veut dire? Il faut à tout prix transformer le fait en idée, en description, en interprétation, bref lui trouver un autre nom que le sien. 
Roland Barthes par Roland Barthes (Paris: Seuil, 1975)

 

Liens brisés

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