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1908
Henri
Cartier-Bresson naît le 22 août à Chanteloup
(Seine-et-Marne), dans une famille aisée. Son père
dirige une entreprise textile. Un de ses oncles, son "père
mythique", dessine. Il fait ses études au lycée
Condorcet. Il essuie trois échecs au baccalauréat,
mais dévore littérature, philosophie et poésie.
Il est un visiteur assidu du Louvre, des galeries d'art moderne
(Kahnweiler, Rosenberg). Il fait sienne la formule d'Anatole France
: "Comme je n'étudiais rien, j'apprenais beaucoup." 1925.
Jacques-Emile
Blanche introduit Cartier-Bresson dans les milieux culturels.
Il rencontre René Crevel, Max Jacob et Elie Faure.
Il se lie d'amitié avec Pierre Josse et André Pieyre
de Mandiargues. Attiré par le surréalisme, il participe
aux réunions du groupe de la place Blanche. Il prend des
photos, qu'il détruira pour la plupart, sauf une plage de
Dieppe, que l'on considère comme sa première photographie,
en 1926.
1927-1928.
Il étudie la peinture dans l'atelier d'André Lhote.
Il se lie avec Harry Crosby, un riche aristocrate américain
installé à Paris, qui réunit, le week-end,
Breton, Crevel, Ernst et Dali. Mais aussi le galeriste américain
Julien Levy, qui sera le premier à montrer les surréalistes
aux Etats-Unis.
1931.
Il
part à l'aventure en Côte d'Ivoire, où il
manque mourir de maladie. Il prend des photos, montrées
pour la première fois lors de son exposition à la
Bibliothèque nationale de France, en 2003. De retour en
France, il se consacre à la photographie. La découverte
d'un instantané du Hongrois Martin Munkacsi, représentant
trois enfants noirs courant vers les vagues, au Congo, est une "révélation".
C'est aussi l'unique photo qu'il accroche dans son appartement.
Il rencontre Tériade, éditeur de la revue surréaliste
Minotaure.
1932-1934.
Il
achète un Leica à Marseille. Il parcourt l'Europe
dans la Buick du poète André Pieyre de Mandiargues,
avec la peintre surréaliste Leonor Fini sur le siège
arrière. Il réalise ses premières grandes
photos, en Belgique, en Italie, en Espagne. "André était
un magnifique compagnon de voyage. Je prenais des photos, il écrivait.
Et j'ai encore sur le corps les traces des coups de griffe de Leonor
Fini", confie-il au Monde. Julien Levy présente sa
première exposition, à New York, en 1933.
1934.
Il
part un an au Mexique avec une expédition ethnographique.
Il rencontre Manuel Alvarez-Bravo, le grand photographe mexicain,
avec qui il expose à Mexico en 1935.
1935.
Cartier-Bresson
s'installe à New York, ville qu'il photographie.
Il expose une seconde fois chez Julien Levy, avec Alvarez-Bravo
et Walker Evans. Il rencontre la photographe Helen Levitt et le
critique Lincoln Kirstein. Il arrête la photographie, se
tourne vers le cinéma. Il devient l'assistant du photographe
et cinéaste Paul Strand.
1936.
De
retour à Paris, il réalise quelques vues de mode
pour le magazine américain Harper's Bazaar. Il est second
assistant sur Une partie de campagne, de Jean Renoir.
1937.
Il épouse Ratna Mohini, une danseuse javanaise. Il devient
photographe à Ce soir, quotidien communiste dirigé par
Aragon. Il y rencontre Robert Capa et Chim Seymour. Il réalise
deux documentaires en faveur de l'Espagne républicaine.
1939.
Combattant,
il est fait prisonnier par les Allemands en 1940. Durant ses
trois ans de captivité, il est occupé à "bourrer
les traverses de chemin de fer". Sa troisième tentative
d'évasion est la bonne, en février 1943 - "Autant
que je me souvienne, j'avais Ulysse, de Joyce, sous le bras".
Il participe à un mouvement clandestin d'aide aux prisonniers
et évadés.
1944-1945.
Il
réalise des portraits d'artistes et d'écrivains
pour les éditions Braun : Matisse, Picasso, Braque, Bonnard...
Il photographie la libération de Paris.
1946.
Il
passe un an aux Etats-Unis pour travailler à son exposition "Posthume",
qu'il présentera en 1947 au Musée d'art moderne de
New York - le MoMA le croyait disparu.
1947.
Il
fonde, à New York et à Paris, l'agence Magnum,
avec Robert Capa, George Rodger, Chim Seymour et William Vandivert.
Il se consacre désormais au grand reportage.
1948-1950.
Il
passe trois ans en Orient : en Inde, à la mort de Gandhi
; en Chine, pendant les six premiers mois de pouvoir du Kuomintang,
et les six premiers mois de la République populaire de Chine
; en Indonésie, pour l'indépendance du pays.
1952.
Il
publie son premier livre, Images à la sauvette (Verve),
avec une couverture de Matisse.
1954.
Il
publie Les Danses à Bali, avec un texte d'Artaud, qui
marque le début d'une longue collaboration avec Robert Delpire,
son éditeur. Il est le premier photographe à se rendre
en URSS après la mort de Staline.
1955.
Première exposition en France, au pavillon de Marsan (Musée
des arts décoratifs), qui circule ensuite dans plusieurs
pays. Il publie Les Européens (Tériade) avec une
couverture de Mirò.
1958-1959.
Il
retourne en Chine pour trois mois à l'occasion du dixième
anniversaire de la République populaire.
1963.
Life
l'envoie à Cuba. Il se rend au Mexique, trente ans
après son premier séjour.
1965.
Il
séjourne six mois en Inde, trois mois au Japon, où il
bénéficie d'une rétrospective à Tokyo.
1966.
Il prend ses distances avec l'agence Magnum, qui conserve l'exploitation
de ses archives.
1967.
Il
répond à une commande d'IBM pour une étude
sur "L'homme et la machine".
1969.
Il
voyage en France pour Sélection du Reader's Digest,
publie le livre Vive la France, accompagné d'une exposition
au Grand Palais. Il réalise deux films documentaires pour
la chaîne américaine CBS.
1974.
Il
se consacre au dessin. Il prend encore quelques portraits et
paysages photographiques.
Il expose l'année suivante ses
dessins à la Carlton Gallery de New York.
1979.
Publication
de son recueil d'images le plus épais, HCB
photographe, avec une introduction d'Yves Bonnefoy (éd.
Delpire).
1981.
Le
ministre de la culture lui décerne le Grand Prix national
de la photographie.
1982.
Publication
d'Henri Cartier-Bresson, avec un texte de Jean Clair, numéro deux (après Nadar) de la collection "Photo
Poche", aujourd'hui éditée par Actes Sud.
1987.
Le
MoMA de New York expose "The Early Work", autour
des premières années de son œuvre. Le catalogue
est traduit en français sous le titre Premières photos
: de l'objectif hasardeux au hasard objectif (texte de Peter Galassi),
aux éditions Arthaud, en 1991.
1988.
Il expose au Centre national de la photographie, au Palais de
Tokyo.
1995.
Publication
de L'Art sans l'art d'Henri Cartier-Bresson, une étude
illustrée de Jean-Pierre Montier (Flammarion).
1999.
Publication
de la première biographe de Cartier-Bresson,
L'Œil du siècle, de Pierre Assouline, aux éditions
Plon.
2000.
Avec
sa femme, la photographe Martine Franck, et leur fille Mélanie,
il travaille à la création de la Fondation Cartier-Bresson.
2003.
La
Fondation Cartier-Bresson ouvre ses portes. On y trouve son fonds
ainsi
qu'un espace d'exposition ouvert à d'autres
artistes. La rétrospective "HCB, de qui s'agit-il ?",
doublée d'un catalogue imposant, est présentée à la
Bibliothèque nationale de France.
Liens
brisés
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