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1999-2005

 

Henri Cartier-Bresson

Repères biographiques

 


1908

Henri Cartier-Bresson naît le 22 août à Chanteloup (Seine-et-Marne), dans une famille aisée. Son père dirige une entreprise textile. Un de ses oncles, son "père mythique", dessine. Il fait ses études au lycée Condorcet. Il essuie trois échecs au baccalauréat, mais dévore littérature, philosophie et poésie. Il est un visiteur assidu du Louvre, des galeries d'art moderne (Kahnweiler, Rosenberg). Il fait sienne la formule d'Anatole France : "Comme je n'étudiais rien, j'apprenais beaucoup."

1925.

Jacques-Emile Blanche introduit Cartier-Bresson dans les milieux culturels. Il rencontre René Crevel, Max Jacob et Elie Faure. Il se lie d'amitié avec Pierre Josse et André Pieyre de Mandiargues. Attiré par le surréalisme, il participe aux réunions du groupe de la place Blanche. Il prend des photos, qu'il détruira pour la plupart, sauf une plage de Dieppe, que l'on considère comme sa première photographie, en 1926.

1927-1928.

Il étudie la peinture dans l'atelier d'André Lhote. Il se lie avec Harry Crosby, un riche aristocrate américain installé à Paris, qui réunit, le week-end, Breton, Crevel, Ernst et Dali. Mais aussi le galeriste américain Julien Levy, qui sera le premier à montrer les surréalistes aux Etats-Unis.

1931.

Il part à l'aventure en Côte d'Ivoire, où il manque mourir de maladie. Il prend des photos, montrées pour la première fois lors de son exposition à la Bibliothèque nationale de France, en 2003. De retour en France, il se consacre à la photographie. La découverte d'un instantané du Hongrois Martin Munkacsi, représentant trois enfants noirs courant vers les vagues, au Congo, est une "révélation". C'est aussi l'unique photo qu'il accroche dans son appartement. Il rencontre Tériade, éditeur de la revue surréaliste Minotaure.

1932-1934.

Il achète un Leica à Marseille. Il parcourt l'Europe dans la Buick du poète André Pieyre de Mandiargues, avec la peintre surréaliste Leonor Fini sur le siège arrière. Il réalise ses premières grandes photos, en Belgique, en Italie, en Espagne. "André était un magnifique compagnon de voyage. Je prenais des photos, il écrivait. Et j'ai encore sur le corps les traces des coups de griffe de Leonor Fini", confie-il au Monde. Julien Levy présente sa première exposition, à New York, en 1933.

1934.

Il part un an au Mexique avec une expédition ethnographique. Il rencontre Manuel Alvarez-Bravo, le grand photographe mexicain, avec qui il expose à Mexico en 1935.

1935.

Cartier-Bresson s'installe à New York, ville qu'il photographie. Il expose une seconde fois chez Julien Levy, avec Alvarez-Bravo et Walker Evans. Il rencontre la photographe Helen Levitt et le critique Lincoln Kirstein. Il arrête la photographie, se tourne vers le cinéma. Il devient l'assistant du photographe et cinéaste Paul Strand.

1936.

De retour à Paris, il réalise quelques vues de mode pour le magazine américain Harper's Bazaar. Il est second assistant sur Une partie de campagne, de Jean Renoir.

1937.

Il épouse Ratna Mohini, une danseuse javanaise. Il devient photographe à Ce soir, quotidien communiste dirigé par Aragon. Il y rencontre Robert Capa et Chim Seymour. Il réalise deux documentaires en faveur de l'Espagne républicaine.

1939.

Combattant, il est fait prisonnier par les Allemands en 1940. Durant ses trois ans de captivité, il est occupé à "bourrer les traverses de chemin de fer". Sa troisième tentative d'évasion est la bonne, en février 1943 - "Autant que je me souvienne, j'avais Ulysse, de Joyce, sous le bras". Il participe à un mouvement clandestin d'aide aux prisonniers et évadés.

1944-1945.

Il réalise des portraits d'artistes et d'écrivains pour les éditions Braun : Matisse, Picasso, Braque, Bonnard... Il photographie la libération de Paris.

1946.

Il passe un an aux Etats-Unis pour travailler à son exposition "Posthume", qu'il présentera en 1947 au Musée d'art moderne de New York - le MoMA le croyait disparu.

1947.

Il fonde, à New York et à Paris, l'agence Magnum, avec Robert Capa, George Rodger, Chim Seymour et William Vandivert. Il se consacre désormais au grand reportage.

1948-1950.

Il passe trois ans en Orient : en Inde, à la mort de Gandhi ; en Chine, pendant les six premiers mois de pouvoir du Kuomintang, et les six premiers mois de la République populaire de Chine ; en Indonésie, pour l'indépendance du pays.

1952.

Il publie son premier livre, Images à la sauvette (Verve), avec une couverture de Matisse.

1954.

Il publie Les Danses à Bali, avec un texte d'Artaud, qui marque le début d'une longue collaboration avec Robert Delpire, son éditeur. Il est le premier photographe à se rendre en URSS après la mort de Staline.

1955.

Première exposition en France, au pavillon de Marsan (Musée des arts décoratifs), qui circule ensuite dans plusieurs pays. Il publie Les Européens (Tériade) avec une couverture de Mirò.

1958-1959.

Il retourne en Chine pour trois mois à l'occasion du dixième anniversaire de la République populaire.

1963.

Life l'envoie à Cuba. Il se rend au Mexique, trente ans après son premier séjour.

1965.

Il séjourne six mois en Inde, trois mois au Japon, où il bénéficie d'une rétrospective à Tokyo.

1966.

Il prend ses distances avec l'agence Magnum, qui conserve l'exploitation de ses archives.

1967.

Il répond à une commande d'IBM pour une étude sur "L'homme et la machine".

1969.

Il voyage en France pour Sélection du Reader's Digest, publie le livre Vive la France, accompagné d'une exposition au Grand Palais. Il réalise deux films documentaires pour la chaîne américaine CBS.

1974.

Il se consacre au dessin. Il prend encore quelques portraits et paysages photographiques. Il expose l'année suivante ses dessins à la Carlton Gallery de New York.

1979.

Publication de son recueil d'images le plus épais, HCB photographe, avec une introduction d'Yves Bonnefoy (éd. Delpire).

1981.

Le ministre de la culture lui décerne le Grand Prix national de la photographie.

1982.

Publication d'Henri Cartier-Bresson, avec un texte de Jean Clair, numéro deux (après Nadar) de la collection "Photo Poche", aujourd'hui éditée par Actes Sud.

1987.

Le MoMA de New York expose "The Early Work", autour des premières années de son œuvre. Le catalogue est traduit en français sous le titre Premières photos : de l'objectif hasardeux au hasard objectif (texte de Peter Galassi), aux éditions Arthaud, en 1991.

1988.

Il expose au Centre national de la photographie, au Palais de Tokyo.

1995.

Publication de L'Art sans l'art d'Henri Cartier-Bresson, une étude illustrée de Jean-Pierre Montier (Flammarion).

1999.

Publication de la première biographe de Cartier-Bresson, L'Œil du siècle, de Pierre Assouline, aux éditions Plon.

2000.

Avec sa femme, la photographe Martine Franck, et leur fille Mélanie, il travaille à la création de la Fondation Cartier-Bresson.

2003.

La Fondation Cartier-Bresson ouvre ses portes. On y trouve son fonds ainsi qu'un espace d'exposition ouvert à d'autres artistes. La rétrospective "HCB, de qui s'agit-il ?", doublée d'un catalogue imposant, est présentée à la Bibliothèque nationale de France.

 

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